La gestion d’un organisme à but non lucratif représente un défi de taille. De manière à bien segmenter les solutions que nous vous proposons selon vos besoins, nous avons divisé la gestion d’OBNL en 12 enjeux communs. Quel que soit le type d’OBNL pour lequel vous travaillez, vous retrouverez, parmi ces derniers, des inspirations, des solutions et des outils pour vous faciliter la vie.
Dans plusieurs OBNL, les statuts et règlements font partie des documents que personne ne consulte… jusqu’au moment où un problème survient. Pourtant, ces documents jouent un rôle fondamental dans la gouvernance, la prise de décision et le bon fonctionnement d’une organisation.
Composition du conseil d’administration, élections, rôles des administrateur·trice·s, droits des membres, fonctionnement des assemblées, création des comités, règles internes : les statuts et règlements servent de cadre de référence pour une multitude de situations administratives et stratégiques.
Lorsqu’ils sont clairs, à jour et cohérents avec la réalité de l’organisation, ils deviennent de véritables outils de gestion. À l’inverse, des règlements désuets, incomplets ou mal compris peuvent rapidement créer de la confusion, ralentir la prise de décision ou même exposer l’organisation à des risques inutiles.
Pour les directions générales comme pour les conseils d’administration, il ne s’agit donc pas simplement d’un document légal rangé dans un classeur. Les statuts et règlements constituent la base de la régie interne d’un OBNL.
Les règlements généraux définissent les règles de fonctionnement internes de l’organisation. Ils établissent notamment :
Selon Lyne Major, présidente-directrice générale de Service Pelletier-Gosselin, ces documents doivent avant tout servir d’outil pratique pour guider l’organisation dans ses décisions quotidiennes.
« Quand arrive un problème, les règlements généraux devraient être l’un des premiers réflexes de consultation », souligne-t-elle.
Ils permettent notamment d’assurer une cohérence dans les décisions et d’éviter que certaines situations soient gérées de manière improvisée ou contradictoire.
L’un des constats fréquemment observés dans les OBNL concerne l’ancienneté des règlements généraux. Certaines organisations utilisent encore des documents rédigés il y a plusieurs décennies, parfois sans réelle mise à jour depuis leur création.
Pourtant, les réalités organisationnelles évoluent rapidement :
Dans certains cas, des clauses désuètes créent même des incohérences importantes. Lyne Major mentionne avoir encore vu récemment des références au fax ou au Télex dans certains règlements internes. Ces exemples peuvent sembler anecdotiques, mais ils illustrent bien l’importance de maintenir les documents à jour.
De son côté, Stéphane Parent, ASC, CEC, dirigeant et formateur d’ESPACE OBNL, observe que plusieurs OBNL cherchent aujourd’hui à diversifier les expertises présentes autour de la table du conseil d’administration plutôt qu’à fonctionner uniquement selon des modèles de représentation traditionnels. Cette évolution amène plusieurs organisations à revoir la composition de leur CA, les mécanismes de recrutement et certains critères d’éligibilité prévus dans leurs règlements généraux.
Des règlements qui ne reflètent plus la réalité peuvent rapidement devenir un frein et créer des incohérences entre les pratiques internes, les politiques organisationnelles et les obligations légales applicables.
Les statuts et règlements jouent également un rôle important dans la définition des responsabilités au sein de l’organisation.
Présidence, vice-présidence, secrétariat, trésorerie, direction générale : lorsque les rôles sont bien définis, les attentes deviennent plus claires pour tout le monde.
Les comités statutaires du conseil d’administration peuvent également être intégrés aux règlements généraux afin de préciser leur rôle, leur composition et leurs responsabilités.
Ces clarifications contribuent à réduire plusieurs sources fréquentes de tensions dans les OBNL, notamment :
Les règlements généraux contribuent ainsi à structurer le fonctionnement du conseil d’administration et à clarifier les mécanismes de gouvernance de l’organisation.
Les règlements généraux ne servent pas uniquement à organiser le volet administratif. Ils constituent aussi un outil de protection pour l’organisation et ses administrateurs.
Dans un contexte où les responsabilités des conseils d’administration sont de plus en plus importantes, disposer de règles claires devient essentiel.
« C’est la loi interne », résume Lyne Major.
Les règlements doivent évidemment demeurer cohérents avec les lois applicables, notamment le Code civil et les lois encadrant les personnes morales sans but lucratif. Une organisation qui agit en contradiction avec ses propres règlements peut rapidement se retrouver dans une situation problématique.
Cette réalité touche également la transparence organisationnelle. Les membres doivent être en mesure de comprendre le fonctionnement de leur organisation, leurs droits et les mécanismes de gouvernance en place.
Même si les statuts et règlements possèdent une dimension légale importante, ils ne devraient pas devenir des documents incompréhensibles réservés aux spécialistes.
Un règlement efficace doit être :
Il peut être pertinent de faire valider les documents par des professionnels du droit afin d’assurer leur conformité légale. Toutefois, cette validation ne devrait pas se faire au détriment de la compréhension des administrateur·trice·s et des gestionnaires qui devront les appliquer au quotidien.
Des règlements trop complexes ou inutilement lourds risquent plutôt de créer de la confusion et de limiter leur utilisation réelle.
Dans plusieurs organisations, les statuts et règlements sont perçus comme une simple formalité administrative. Pourtant, ils influencent directement la gouvernance, la prise de décision et la stabilité de l’organisation.
Ils servent à structurer les relations entre les membres, le conseil d’administration et la direction générale. Ils permettent aussi d’assurer une continuité organisationnelle malgré les changements de personnes, les transitions ou l’évolution des pratiques.
Pour les OBNL qui souhaitent renforcer leur gouvernance, clarifier leurs mécanismes décisionnels ou adapter leur fonctionnement aux réalités actuelles, la révision des statuts et règlements représente souvent une démarche beaucoup plus stratégique qu’il n’y paraît.
« Les règlements généraux, c’est la base », rappelle Lyne Major.
_____________
Les rencontres du conseil d’administration, en présence ou en virtuel ? (article)
Améliorer la performance de son conseil d'administration (Rendez-vous - vidéo)
Les sept clés pour relever les défis actuels des OBNL (outil pratique et gratuit à télécharger)
____________
À propos de l'auteur
Cet article a été rédigé par l’équipe d’ESPACE OBNL à partir de la capsule technique « Statuts et règlements », mettant de l’avant l’expertise de Lyne Major, présidente-directrice générale de Service Pelletier-Gosselin, dans le cadre d’un échange animé par Stéphane Parent, ASC, CEC, dirigeant et formateur d’ESPACE OBNL.